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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 21:22
Paranoid Park - Bande-annonce 1 (Anglais sous-titré)Paranoid Park - Bande-annonce 1 (Anglais sous-titré)


PARANOID PARK 25 Mars 2008  6
Drame américain (2007) de Gus Van Sant. Avec Gabe Nevins, Taylor Momsen, Jake Miller. 85 min.
Ecrire pour expier.
Le dernier coup de maître de Gus Van Sant marquera probablement une nouvelle page dans l'histoire du septième art à la manière, en son temps, de l'apport du montage selon le précurseur D. W. Griffith ou de la syntaxe cinématographique depuis le révolutionnaire "Citizen Kane" de Orson Welles. Il serait le nouveau chef de file d'un cinéma expérimental (jusqu'alors assez hermétique que pour être considéré à sa juste valeur, si ce n'est d'aficionados purs et durs) qui atteste qu'avec très peu d'artifices et de moyens (acteurs non professionnels, équipe réduite, décors entièrement naturels,...) la qualité de ces films (et plus particulièrement maintenant de sa tétralogie de "l'adolescence égarée") est disproportionnelle aux finances déboursées. De sa création naissent des images qui s'incrustent dans un recoin de notre cerveau pour ne plus jamais le quitter. Elles découlent d'un cadrage agencé au moindre millimètre. D'une esthétique époustouflante, chaque plan a été travaillé au détail près, pas surprenant quand on sait que le cinéaste s'est adjoint les services de Christopher Doyle, le directeur de la photographie de Wong Kar-Wai.
Paranoid Park - Christopher Doyle (directeur de la photographie) et Gus Van Sant (réalisateur) sur le tournage
Lors d'une scène-clé du récit, les gouttelettes d'eau s'écoulant le long du corps de l'adolescent traduisent magistralement le besoin du jeune skateur de se purifier jusqu'à la plus infime parcelle de son être. Dès lors, on assiste à la rédemption de ce jeune qui, contrairement aux deux lycéens responsables du massacre de Columbine, n'avait pas minutieusement élaboré le crime qu'il regrettera quelques secondes à peine après un malheureux concours de circonstances... A ce propos, la vue insoutenable de sa victime scindée transversalement en deux fait ressentir toute la douleur qui est la sienne lorsqu'il réalise qu'il n'est plus possible de faire machine arrière.
Paranoid Park - Gabriel Nevins
Après "Gerry", "Elephant" et "Last days", Gus Van Sant poursuit son introspection d'une jeunesse en pleine souffrance et à la dérive totale suite à la démission irrévocable de parents qui ne sont plus là pour les guider, les responsabiliser et surtout les aimer.
Paranoid Park - Gus Van Sant, Gabriel Nevins et Jake Miller
Déjà lauréat de la récompense suprême à Cannes (pour "Elephant"), le jury de Stephen Frears a eu l'excellente idée de lui attribuer le prix du 60ème anniversaire du festival pour l'ensemble de son oeuvre.
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