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Bienvenue sur Sunset Boulevard. Cette célèbre artère de L.A. est le titre éponyme d'un de mes films préférés... C'est aussi le monde onirique sublimé dans "Mulholland Drive" de David Lynch, qui au passage rend hommage à Billy Wilder. Comme dans le générique hypnotique de "Lost Highway", venez vous perdre dans mon microcosme dédié au 7ème art...

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LE SILENCE DE LORNA

Le Silence de Lorna - Bande-annonce 1 (Français)Le Silence de Lorna - Bande-annonce 1 (Français)



LE SILENCE DE LORNA 30 Août 2008  3
Drame belge (2008) de Luc et Jean-Pierre Dardenne. Avec Arta Dobroshi, Jérémie Renier, Fabrizio Rongione. 105 min.
La mariée était en noir.
Découverts à la Quinzaine des Réalisateurs avec "La promesse", les frères Dardenne procurent depuis lors l'euphorie démesurée de la presse cinématographique. Tout commence lorsque David Cronenberg (alors président du jury) leur décerna la récompense suprême pour "Rosetta", avant qu'ils ne décrochent une deuxième Palme d'Or grâce à "L'enfant". Sans oublier entre ces deux summums du Festival de Cannes, le prix d'interprétation attribué à Olivier Gourmet pour "Le fils". Cette année, la question était de savoir le sort que leur réserverait Sean Penn. Heureusement pas de troisième Palme mais un Prix du scénario (un comble !) qu'on aurait préféré commuté par un prix d'interprétation au bouleversant Jérémie Renier (même si son rôle trop succinct paraissait bien dérisoire face à Benicio Del Toro dans la peau du "Che", dont la durée dépasse les quatre heures !). Encensé par la critique, leur dernier opus ne déroge pas à la règle au vu des avis dithyrambiques qui y voient là le prolongement d'une oeuvre arrivée à la quintessence de son art. Grand admirateur de "La promesse" et du "Fils", les deux Palmes d'Or m'avaient laissé de glace par leur approche trop brute dépourvue de la moindre lueur d'espoir (en somme, ils leur manquent la touche d'humour que seul Ken Loach sait insuffler à ses meilleurs films).
Le Silence de Lorna - Les réalisateurs Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne

Dès les premières images, le style Dardenne est reconnaissable malgré une caméra moins nerveuse qu'à l'habitude. Celle-ci suit le parcours mouvementé de Lorna, immigrée albanaise, dont le mariage arrangé avec Claudy, un toxicomane campé par un extraordinaire Jérémie Renier, a pour unique dessein de lui permettre d'acquérir la nationalité belge qui lui ouvrirait les portes de son snack (à elle et à son petit ami). Mais son souteneur, qui lui a déjà préparé une autre union mercantile avec un Russe, a la ferme intention de se débarrasser définitivement de Claudy...
Le Silence de Lorna - Jérémie Renier et Arta Dobroshi
Ce qui intéresse les Dardenne, c'est de sonder la personnalité ambivalente à souhait de leur héroïne. Tiraillée entre son compagnon (impatient qu'elle touche le gros lot), son protecteur (qui la manipule comme une marionnette) et son mari (en manque de drogue), Lorna semble peu à peu éprise de ce dernier. Ce sentiment débouche sur une étreinte amoureuse magistrale qui plonge le spectateur dans le désarroi le plus total suite à la relation à sens unique dont elle tirait profit jusqu'ici. Hormis ce moment de grâce, les frères Dardenne se perdent dans les méandres d'un récit noir étrangement construit qui néglige ce qu'ils auraient dû approfondir et qui s'appesantit sur des histoires sous-jacentes bien peu palpitantes. Alors que "Le secret de Lorna" devenait d'un ennui profond, l'épilogue en forme d'ellipse nous réconcilie tardivement avec la mise en scène sans concession des Dardenne. Finalement, leur scénario brouillon fait qu'on passe à côté d'un grand film. C'est déjà meilleur que leurs deux Palmes mais pas de quoi se rallier au côté des partisans d'une "Dardennemania" dont l'engouement effréné m'échappe !
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