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Bienvenue sur Sunset Boulevard. Cette célèbre artère de L.A. est le titre éponyme d'un de mes films préférés... C'est aussi le monde onirique sublimé dans "Mulholland Drive" de David Lynch, qui au passage rend hommage à Billy Wilder. Comme dans le générique hypnotique de "Lost Highway", venez vous perdre dans mon microcosme dédié au 7ème art...

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HARRY BROWN

Harry Brown Bande-annonce VO

Harry Brown

HARRY BROWN 25 Août 2010  3

103 min.

Justice est faite.

"Harry Brown demeure une oeuvre grossière, mais pourtant extrêmement maîtrisée, édifiant une symbolique pesante et particulièrement ambigüe - notamment au niveau religieux - tout en réussissant à s’en laver les mains en incitant continuellement le spectateur à remettre en question sa propre logique interne. Pour un film de cette nature, on parle d'un coup d'éclat digne de mention."Panorama-cinéma

Harry Brown

Récemment veuf, la vie de Harry Brown (retraité de l'armée) n'est plus rythmée que par les parties d'échecs partagées avec son meilleur ami, seules réjouissances qui le retiennent sur Terre. Quand il apprend que de jeunes délinquants de la cité l'ont sauvagement abattu, son sang ne fait qu'un tour, si bien qu'il se décide de mettre à feu et à sang le quartier général de cette racaille...
La référence à "Un justicier dans la ville" vient directement à l'esprit, mais de manière plus nuancée en la focalisant sur cet homme au bout du rouleau, rebuté par l'inertie des forces de l'ordre. D'autant plus que cette fiction est tout à fait ancrée dans la réalité sociale que connaît l'Angleterre depuis quelques années déjà, traitée tacitement dans "Eden Lake" et anticipée dans le cultissime "Orange mécanique" (avec la scène dans le tunnel qui est une marque de révérence à Stanley Kubrick). "Harry Brown" marque le retour au premier plan de Michael Caine, à la présence écrasante comme à l'époque du "Limier" ou de "Get Carter", avec lequel il est impossible de ne pas faire le rapprochement. L'action de ce western urbain est menée tambour battant par Daniel Barber, dont c'est le premier film, qui ne craint pas le parti pris d'une représentation très manichéenne des personnages, quelque peu tempérée par l'inspecteur de police (campée par l'attachante Emily Mortimer, vue dans "Shutter Island" qui a flairé l'imposture de Harry Brown mais qui le préserve par commisération. Soyons clair, son propos va à l'encontre d'une certaine morale éthique tolérée par notre société, ici, l'auto-justice. Mais, de même que "A vif" ou "Gran Torino" récemment, il possède, en plus de ses qualités cinématographiques, une liberté de ton courageuse (car osée) face aux incompétences institutionnelles de l'État (ici, la justice). Vous l'aurez compris, "Harry Brown" a le mérite de déranger pertinemment ceux qui ne l'interpréteront pas au pied de la lettre, d'autant plus que ce vigilantisme est dû à un citoyen respectable (mais usé par la vie).

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