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Bienvenue sur Sunset Boulevard. Cette célèbre artère de L.A. est le titre éponyme d'un de mes films préférés... C'est aussi le monde onirique sublimé dans "Mulholland Drive" de David Lynch, qui au passage rend hommage à Billy Wilder. Comme dans le générique hypnotique de "Lost Highway", venez vous perdre dans mon microcosme dédié au 7ème art...

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MERE ET FILS

Mère et fils

MERE ET FILS 30 Décembre 2013  5

112 min.

Au menu de ce mercredi foisonnant à souhait, tant qualitativement que quantitativement (c’est suffisamment rare pour être souligné), les cinéphiles les plus ardus trouveront leur bonheur grâce à cette nouvelle perle, made in Romania, dont le titre original fort subtil a été ridiculement traduit en français par "MÈRE ET FILS"... Méritoirement couronné l’année dernière de l’Ours d’or à la Berlinale, on ne peut que se féliciter de voir CHILD’S POSE débarquer sur nos écrans (étonnamment, la veille de la 64ème édition dudit festival) ; surtout quand on sait que d’autres films, ALL IS LOST étant l’exemple le plus marquant dernièrement, n’ont toujours pas de date de sortie annoncée chez nous ! Cela fait plus ou moins dix ans que le cinéma des Carpates post-Ceausescu pète la forme avec, en point d’orgue, la Palme d’or remise en 2007 à 4 MONTHS, 3 WEEKS AND 2 DAYS de Cristian Mungiu. À l’instar des productions de son lointain cousin sud-coréen, cette troisième réalisation de Calin Peter Netzer, coécrit avec Răzvan Rădulescu (à qui l’on doit entre autres THE DEATH OF MR. LAZARESCU ou l’excellent BOOGIE), se veut une radioscopie sans concession d’un pays gangréné jusqu’à la moelle par la corruption ; dès lors que l’argent détenu par les nouveaux riches leur permet de surmonter tous les obstacles qui se dressent sur leur route (c’est le cas de le dire !), en ayant recours à de nombreux pots-de-vin quel qu’en soit le prix... Dans le même registre de la lutte des classes évoluant en Europe postcommuniste, on pense bien évidemment à ELENA du Russe Andreï Zviaguintsev. De tous les plans, la comédienne Luminita Gheorghiu irradie l’écran de sa présence marquée du sceau de l’ambiguïté : à la fois tyrannique, par son statut social, mais aussi fragile face à son fils adulte sur lequel elle n’exerce plus la moindre emprise, elle est tout bonnement prodigieuse de justesse. Ce portrait saisissant de la Roumanie contemporaine se clôt sur un final aussi inattendu que bouleversant. Bref, on tient là une œuvre majeure et indispensable.

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